T’as vu cette trogne ? On dirait un arbre-forêt !

T’as vu cette trogne ? On dirait un arbre-forêt !

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Selon les régions, on les appelle trognes, têtards ou ragosses. Ces arbres aux formes spectaculaires sont le résultat de pratiques d’agro-foresterie très répandues par le passé mais aujourd’hui tombées en désuétude. La technique est simple : l’Automne venu, on coupe la tête de l’arbre à hauteur d’homme lorsqu’il est encore jeune, ce qui provoque des rejets. Puis, on exploite périodiquement ces rejets pour différents usages : fabrication de poteaux et de perches sur le châtaignier, chauffage sur le chêne, fourrage sur le peuplier et le frêne, vannerie sur le saule, etc…
Au fur et à mesure du temps et des émondages successifs, le tronc s’épaissit et forme des bourrelets caractéristiques.
Cette pratique génère de nombreux avantages : plutôt que d’exploiter le taillis, l’émondage des parties aériennes permet d’économiser l’occupation du sol et d’optimiser la production. Le système racinaire bien implanté permet une repousse plus rapide que le taillis. Il semblerait également que cette pratique soit bénéfique à la longévité de l’arbre. De plus, la concentration des rejets facilite l’exploitation et préserve le sol de toute dégradation.
C’est ainsi que dans le Perche, notamment, une véritable économie des haies s’est mise en place au fil du temps, comme en témoignent les chemins creux bordés de trognes multiséculaires épargnées par le remembrement.
De plus, cette pratique a pour conséquence de bénéficier à la biodiversité : les oiseaux qui trouvent à nicher entre les rejets, mais aussi les insectes qui affectionnent particulièrement les parties mortes de l’arbre. Beaucoup de ces espèces se sont raréfiées avec l’arrêt de cette pratique.
Enfin, l’humus qui s’accumule au centre de l’arbre fournissait un terreau particulièrement apprécié pour les semis, le sang de trogne.

 

Mettre en place un têtard

Sélectionner un arbre jeune (5 à 12 cm de diamètre) et l’étêter en Automne, lorsque la sève se concentre dans les racines. La coupe doit être faite à hauteur d’homme (2m) et légèrement en biais afin d’éviter la stagnation des eaux pluviales. Au Printemps, on émonde les pousses latérales de façon à ne garder que les rejets à l’endroit de la coupe. Selon les essences, les rejets sont émondés à ras sur un cycle de 3 à 7 ans.

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