Et si on leur offrait un avenir comme cadeau de naissance ?

Et si on leur offrait un avenir comme cadeau de naissance ?

En 2016, nous avons eu le bonheur d’accueillir plusieurs petits Homo Sapiens dans notre tribu verte : bienvenu à Roman, Emma et Etienne. On leur souhaite évidemment une belle vie sur une belle Planête verte et bleue. Ils sont nos petites graines d’avenir et on fait tout pour qu’ils grandissent dans un environnement sain et durable : ils habitent à la montagne, dans un environnement préservé. On les nourrit au bon lait maternel (de la montagne) et avec des petits pots de légumes du jardin amoureusement préparés. On leur a acheté des couches lavables pour recueillir leurs petites bouses et on a préparé une huile au calendula pour que leurs petites fesses toutes mimi restent bien lisses. De nombreux parents du voisinage nous ont donné divers accessoires ou vêtements dont ils n’avaient plus l’usage et nous participons à une bourse d’échange. Pour ainsi dire, nous n’avons presque rien acheté. D’après nos calculs, entre les couches et les petits pôts, on économise 2000€ sur trois ans.
Bref… ce sont des bébés bio garantis, labellisés et pas chers.

Peu friands de plastique, nous avions exprimé dans notre faire-part notre désir de lui offrir un monde durable et bio. Ceux de nos familles et de nos amis qui sont sensibilisés à l’écologie ont magnifiquement joué le jeu. Nous avons été ravis de recevoir des doudous faits maison ou des jouets en matière naturelles. Mais certains n’ont pas vraiment compris : comment ne pas craquer pour ces petites bouilles d’amour ? Et puis c’est la coutume d’offrir un cadeau à la naissance. Ca ne se fait pas de dire aux gens ce qu’ils doivent offrir ou pire de refuser des cadeaux.

Fatalement, on a eu du rab. A voir le nombre de jouets et de fringues pour enfant à la bourse d’échange, il m’est venu à l’idée que nous ne sommes pas les seuls parents à rencontrer ce problème. Est-ce à cause du faible prix de ces babioles ? Quelle est l’ampleur réelle du gaspillage ? Combien de gamins ailleurs dans le monde pourrait-on vêtir avec nos surplus ?

De son côté, la Fédération Française de l’Industrie Jouet et puériculture (FJP pour les intimes) se félicite sur son site : le marché suit une hausse continue depuis quatre ans. Pour illustrer cette bonne nouvelle, ce lobby du jouet affiche un visuel éloquent : une bambine qui baigne littéralement dans un océan de plastique coloré.

Trop de jouet, un avenir sacrifié
Une enfance éco-responsable selon la vision de la FJP. Où on voit bien que c’est pas eux qui vont ranger la chambre…

Rêvons un peu : et si, dans un élan de transparence et d’amour pour nos enfants, la FJP divulguait les chiffres permettant de quantifier ce phénomène et ses conséquences 😕 Voici les nombreuses questions qui me viennent en tête : combien de centaine de milliers de tonnes de pétrole pour ces morceaux de plastique colorés ? Les cubes en plastique avec lesquels joue la petite fille de la photo sont-ils vraiment produits en France ? A quoi ressemblent les usines chinoises qui inondent le marché mondial ? Dans quelles conditions sociales travaillent les ouvriers ? Quelles sont les conséquences environnementales cumulées de ce marché ? Que deviennent ces bouts de plastique lorsque les enfants grandissent ? Existe t’il une filière de recyclage ?

Petite anecdote familiale : mon fils a un petit pyjama tout mignon sur lequel est brodé « bébé ours polaire deviendra grand ». Quelle ironie morbide ! Selon toutes les projections, petit ours blanc aura disparu lorsque mon petit bout sera adulte. Avez-vous déjà constaté combien tous les jouets et accessoires pour enfants mettent en scène des animaux qui auront disparu dans les prochaines décennies ?

Nous nous posons encore de nombreuses questions en tant que parents concernés : est-il sain pour un enfant de crouler sous les jouets ? Combien en utilise t’il vraiment ? Ne risque t’il pas de disperser son attention ?
Et puis des questions citoyennes : sur un plan sociétal, cette opulence apparente n’est-elle pas une façon d’imprégner l’individu à la surconsommation dès sa sortie de l’œuf ?
Et pour finir, une question existentielle : nos enfants ont-ils tout simplement besoin de jouets ?

Tout comme leurs confères animaux, les petits d’homme s’amusent avec leur environnement. Jouer, c’est manipuler, découvrir, réinventer, anthropiser. De la même façon que n’importe quel objet peut devenir une arme par destination, un simple bout de bois peut se transformer en avion ou un tas de sable devenir un château fort.
Qui plus est, les jouets industriels ne sont pas plus inoffensifs que les autres. L’un de mes neveux est mort suffoqué par un Duplo. Un coup de téléphone. Un instant d’inattention. Un accident aussi inéluctable que dramatique qui aurait pu se produire avec n’importe quel objet du quotidien.

Chers parents, lorsque vous en aurez marre de marcher sur des morceaux de plastique et d’être envahis par des babioles criardes, repensez à cet article. Comme cadeau de naissance et toute leur vie, offrons leur un monde durable, vivable et équitable. Entourons-les d’amour et de conscience et accompagnons-les dans leur découverte du monde. Pour cela, encourageons-les dès leur plus petit âge à créer plutôt que de consommer.


Créer avec les objets de son environnement, c’est précisément le thème des ateliers animés par Steven de la Voie verte. Lors des ateliers Recyclart, des contenants usagés deviennent des jouets et des sculptures. Avec Artisanature, les enfants construisent des nids d’oiseaux à taille humaine avec des lianes de clématite, des cabanes pour y vivre quand ils seront grands et transforment des pommes de pin en vache ou en éléphant. A vivre à l’école, en colonie ou en famille. Pour tous renseignements, contactez Steven à partir de son site. 

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